RENDRE HOMMAGE À ZAHRA
Notes pour une allocution à
l’occasion d’une motion sur
le décès de madame Zahra Kazemi
Daniel Turp
Député de Mercier à l’Assemblée nationale du Québec
Porte-parole de l’Opposition officielle en matières de Relations internationales
et d’Affaires canadiennes
Québec
Assemblée nationale du Québec
16 juillet 2003
L’allocution lue fait foi
Le présent document est
affiché sur le site : danielturp.org
Pour tout commentaire: d@nielturp.org
Zahra
Kazemi
Texte de la motion
«Que l'Assemblée
nationale exprime ses condoléances à la famille de la journaliste
Mme Zahra Kazemi, qui a connu une mort tragique à Téhéran
le 12 juillet 2003.
Le Président: Alors, merci, Mme la vice-première
ministre. Et je cède maintenant la parole au porte-parole officiel de
l'opposition en matière de relations internationales et député de Mercier.
M. le député, la parole est à vous.
Monsieur le Président,
Au nom
du groupe parlementaire du Parti québécois, je voudrais joindre la voix
des députés de l'opposition officielle à celle de la ministre des Relations
internationales et du gouvernement du Québec pour offrir nos condoléances
à la famille de Mme Zahra Kazemi et, en particulier, à son fils, Stephan
Hachemi, dont nous avons pu d'ailleurs mesurer la détresse et la tristesse
à l'occasion de ses interventions publiques des derniers jours. À l'espoir
de rapatrier sa mère pour qu'elle puisse être soignée ici, dans son
pays d'adoption, a succédé la colère de ne pouvoir l'inhumer et de pleurer
avec ses parents et amis d'ici sa mort.
Le décès de Mme
Kazemi s'est produit dans des circonstances qui risquent de ne jamais
être éclaircies, d'une inhumation aussi rapide que surprenante, comme
l'a d'ailleurs estimé le président de l'Association de défense des droits
de l'homme en Iran de la section de Montréal, M. Hossein Mahoutia.
D'ailleurs, on
peut penser, M. le Président, que le décès d'une ressortissante québécoise
résulte d'une violation de son droit le plus fondamental à la vie et
à l'intégrité physique, mais également de sa liberté d'expression, celle
d'une photographe à la recherche, par l'image, de la vérité, mais aussi
par son art de la recherche et de l'exposé de l'intolérance et de la
souffrance. Comme l'a d'ailleurs dit le secrétaire général de Reporters
sans frontières, M. Robert Ménard, l'incident, et je le cite, «rappelle
tristement que le régime iranien est l'un des plus durs au monde pour
les journalistes, ces défenseurs des droits de l'homme que sont les
journalistes».
Le groupe parlementaire
du Parti québécois joint d'ailleurs sa voix à Reporters sans frontières,
mais également à celle de la Fédération professionnelle des journalistes
du Québec, à l'Association des journalistes indépendants au Québec et
au magazine québécois Recto Verso pour réclamer une enquête indépendante
sur les circonstances de l'arrestation et le décès de Mme Zahra Kazemi.
M. le Président,
Mme Zahra Kazemi
survit. Elle survit par ses photographies qui sont ses confessions à
l'histoire, qui sont sa mémoire, une mémoire à partager, une mémoire
dont je vous suggère d'ailleurs, M. le Président, de faire profiter
aux membres de notre Assemblée en organisant une exposition, dans l'enceinte
de l'Hôtel du Parlement, de ses photographies.
Ce sera une façon
d'honorer la mémoire, de rendre hommage à Zahra.
Merci, M. le Président.
Le Président: M. le
député de Mercier, je prends bonne note de votre suggestion.