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CAR IL N'EST PAS QUESTION
DE LAISSER TOMBER NOTRE ESPÉRANCE…
Notes pour une allocution de
Daniel Turp
Député de Mercier à l’Assemblée nationale
du Québec
Porte-parole du Parti Québécois pour les Relations internationales
et les Affaires canadiennes
Marché francophone de la poésie
Maison de la culture du Plateau Mont-Royal
Québec
1er mai 2003
L’allocution lue fait foi
Le présent document est affiché
sur le site : www.danielturp.org
Pour tout commentaire: d@nielturp.org
Madame Fotopoulos,
Madame Courteau,
Mesdames et messieurs,
Au
moment où Guy Marchamps, que je remercie dès à présent de se faire mon
messager en cette cérémonie d'ouverture officielle du Marché francophone
de la poésie, lira cette note, j'aurai prêté serment comme député de Mercier
en l'enceinte de l'Assemblée nationale du Québec. J'aurai aussi, comme
je m'y étais engagé auprès de la présidente-directrice de la Maison de
la poésie, évoqué à l'occasion de mon assermentation la tenue de la quatrième
édition du Marché francophone de la poésie et du lancement des Poèmes
épars de Gaston Miron.
De notre capitale,
de cette ville de Québec où la poésie a ses noms et ses lettres de noblesse,
d'Octave Crémazie et de sa Promenade et à Martin Bélanger et ses
Poésitations et pleurs de lys, je vous salue donc et souhaite un
franc succès au Marché francophone de la poésie de 2003. Je félicite également
Marie-André Beaudet et Pierre Nepveu ainsi que l'Hexagone, pour la publication
des Poèmes épars que j'ai déjà eu le plaisir de lire et qui enrichissent
le patrimoine poétique du Québec. J'espère que les ateliers, lancements
et lectures offriront des occasions de rencontres et d'échanges aussi
enrichissantes que stimulantes. Je me joindrai par ailleurs à vous demain
et serai à l'ouverture des stands des éditeurs sous la chapiteau à la
place Gérald-Godin et pour apprécier les lectures de Ruiz, Bertrand, Perrier
et Dickson et la musique qui les accompagnera, ce qui nous rappellera,
comme l'a fait Léo Ferré, que "la poésie doit être entendu comme la musique".
Mais, à l'école
de la poésie, a écrit aussi Ferré, "on n'apprend pas, on se bat", "[l]a
poésie est une clameur". Pour moi qui est habile depuis quelques heures
à siéger à l'Assemblée nationale du Québec et à représenter les femmes
et les hommes du territoire de la poésie qu'est la circonscription de
Mercier, la poésie sera, tout au long de mon mandat, une clameur, un instrument
de revendication, de revendication de liberté, et notamment de liberté
pour le peuple du Québec. Une clameur qui est si bien rendue par l'un
des poèmes épars de Gaston Miron, par son Retour à nulle part,
que j'ai également lu sur le parquet de l'Assemblée nationale il y a une
heure à peine et que je demande à Guy Marchamps de lire, en mon nom, devant
vous :
Partir de rien, parce qu'on est rien d'autre
alors, où est-ce qu'on va, qu'est qu'on fait
errant en ce peuple, et dans sa langue errante
ce peuple qui n'en finit plus de ne pas naître
C'est rien qu'un jour, un jour de plus
ou de moins, dans notre vie, où le vent
est un vent qu'on ne démêle pas de l'âme
et sans lui le corps ne tient pas debout
Ça ne pourra pas toujours ne pas arriver
Nous entrerons là où nous sommes déjà
Car il n'est pas question
de laisser tomber notre espérance
Gaston MIRON, Poèmes épars, Montréal, L'Hexagone,
2003, p. 61
Je vous remercie.
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