» Poésie

Le député Daniel Turp aime la poésie et partage avec Pierre Graveline, l’auteur de l’anthologie Les cent plus beaux poèmes québécois (Montréal, Fides, 2007), « l’espérance que nous sommes désormais de plus en plus nombreux à partager le rêve que le Québec devienne enfin, en Amérique et dans le monde, une terre de culture et de poésie; que la poésie soit enfin reconnue ici pour ce qu’elle est: la plus pure, la plus belle et la plus précieuse expression de la liberté; que les Québécois se reconnaissent enfin pour ce qu’ils sont aussi : un peuple de poètes » (p. 11). Il cherche à faire connaître dans ses interventions à l’Assemblée nationale et dans ses autres allocutions les poètes du Québec et du monde et présente ci-après ses poèmes et poètes de prédilection :

Akhmatova (Anna) | Audet (Martine) | Bancquart (Marie-Claire) | Baudelaire (Charles) | Bertrand (Claudine) | Blais (Marie-Claire) | Brossard (Nicole) | Césaire (Aimé) | Courteau (Isabelle) | Dorion (Hélène) | El Jerroudi (Mohammed) | Gagnon (Madeleine) | Godin (Gérald) | Hébert (Anne) | Hugo (Victor) | Khoury-Ghata (Vénus) | Kotto (Maka) | Labbé (Louise) | Louisseize (Caroline) | Malavoy-Racine (Tristan) | Major (Henriette) | Marti i Pol (Miguel) | Miron (Gaston) | Navarre (Marguerite de) | Neruda (Pablo) | Plourde (Danny) | Prévert (Jacques) | Rilke (Rainer Maria) | Senghor (Léopold Sedar) | Tsvetaeva (Marina) | Uguay (Marie) | Van Schenel (Michel) | Verlaine (Paul) | Vigneault (Gilles) | Yeats (William Butler)

Requiem (extraits)

5
Depuis dix-huit mois je hurle : reviens !
reviens à la maison.
Je rampe aux pieds des assassins,
mon effroi, mon garçon.
Tout s'embrouille sans rémission
et je ne sais plus trop
qui est un fauve qui est un homme,
Quand viendra le bourreau.
Il n'y a que des fleurs qui fanent,
l'odeur d'encens, des pas qui mènent
ailleurs, vers le néant.
Et sans répit me dévisage,
et de mort brandit le présage
une étoile géante.
(1939)

8
LA MORT

Tôt ou tard tu viendras- pourquoi pas maintenant ?
Je suis en grand malheur et je t'appelle.
ma lumière est éteinte, mon portrait est béant -
Pour toi si simple et si belle.
Tu peux prendre la forme qui te convient :
flèche empoisonnée, trouant le vide,
bandit, assomme-moi sur le chemin.
Emporte-moi fièvre typhoïde.
Ou bien encore - ta belle invention,
pour tous, à en vomir, banale ;

          Qu'un képi bleu entre dans ma maison,
guidé par le concierge pâle.
A Tout m'est égal. Ienisseï bouillonnant,
L'étoile polaire brille sur moi.
Et l'éclat bleu des yeux que j'aime tant
se voile d'un ultime effroi.
(19 août 1939 Leningrad)

ÉPILOGUE

Et j'ai appris l'affaissement des visages,
la crainte qui sous les paupières danse,
les signes cunéiformes des pages
que dans les joues burine la souffrance ;
les boucles brunes, les boucles dorées
soudain devenir boucles d'argent grises,
faner le sourire aux lèvres soumises,
et dans le rire sec la peur trembler.
Et ma prière n'est pas pour moi seule,
Mais pour tous ceux qui attendaient comme moi
dans la nuit froide et dans la chaleur
sous le mur rouge, sous le mur d'effroi.
(1940)

Requiem, Poème sans héros et autres poèmes, présentation et traduction de Jean-Louis Backès, Poésie/Gallimard, 2007


Anna Akhmatova
        Née à Odessa le 23 juin 1889 et décédée à Moscou le 05 mars 1966 Fille d'un ingénieur de la marine, Anna Akhmatova étudie le droit et la littérature et fréquente très tôt les salons littéraires, publiant ses premiers vers dans des revues poétiques. Ses premiers livres, Soir et Chapelet reçoivent un accueil chaleureux de la part du public. Réservée à l'égard de l'inspiration idéologique de la révolution, Anna Akhmatova se distingue des écrivains de sa tendance en refusant d'émigrer ou de s'opposer au nouveau régime. Mais c'est le sentiment tragique de l'écoulement du monde et une confiance inébranlable dans les destinées de la nouvelle Russie qui se dégagent des recueils qu'elle publie au lendemain de la guerre civile. La poétesse se montre très prolifique durant l'entre-deux-guerres, et la guerre de 1941-1945 lui inspire des poèmes patriotiques comme Le serment ou encore Le courage. Radiée de l'Union des écrivains soviétiques en 1946 pour « érotisme, mysticisme et indifférence politique », elle est réhabilitée en 1955 et compose alors deux de ses oeuvres les plus célèbres, ouvrages dédiés à la mémoire des victimes de la répression stalinienne: Poème sans héros et Le désormais célèbre Requiem' (poème transmis oralement jusqu'en 1962, date à laquelle l'allègement de la terreur stalinienne lui permet enfin de le mettre par écrit). Anna Akhmatova demeure l'une des plus grandes figures féminines de la littérature soviétique.


Français
English
Español
Português


Amis du Parc Lafontaine


LETTRE D'INVITATION
AVIS DE CONVOCATION
PROJET DE PROGRAMMATION
DOCUMENTS


« La dérive
d'Espace musique »
Il est temps d'envisager la création d'une radio culturelle
et musicale publique
du Québec
(La
Presse-cyberpresse.ca
14 août 2007
)
VERSION INTÉGRALE
RÉPLIQUE DE CHRISTIANE LEBLANC
(Première directrice à Espace-musique)
RÉPONSE À CHRISTIANE LEBLANC
LETTRE À CHRISTIANE LEBLANC 1
LETTRE À CHRISTIANE LEBLANC 2
RÉPONSE DE CHRISTIANE LEBLANC
DEMANDE D'ACCÈS À L'INFORMATION
COMMENTAIRES DU PUBLIC
REVUE DE PRESSE

ENTREVUE À RADIO-VILLE-MARIE
LETTRE DU CQM
(Conseil québécois de la musique)
IMAGINER L'ESPACE-MUSIQUE
(Michel Gonneville)

Copyright © 2003-2004 Daniel Turp. Tous droits réservés.
Une conception de